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 Groupe: Morgue
 Album: Flames And Blood (2010)
Note:
8.7/10
Style : Black / Death Metal

Compagnie : Indépendant

Format : CD

Liste des pistes :

01. Intro
02. Incinerate The Crucified
03. I Walk A Path Of Carnage
04. Destinée Funeste
05. Mater Dolorosa
06. La Forêt Des Empalés
07. To Below, We Belong
08. Par Le Sang, Par La Haine

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 Auteur : Pierre-Yves Bédard
 
Pierre-Yves Bédard
Vous avez assurément déjà vu, en vous promenant sur la rue, un amateur de Métal portant un chandail représentant des cadavres en décomposition empalés sur de longues lances avec une immense croix inversée dans le dos. À ce moment, vous vous êtes probablement dit : ‘’Wow… violent ce chandail!’’. Croyez-le ou non, ce design a pris naissance dans l’esprit de la formation dont il sera question dans les prochaines lignes. En effet, Morgue est un groupe de Black Métal provenant de la capitale nationale. Après plusieurs spectacles un peu partout dans la province, un démo maintenant sold-out et un DVD en concert au Velvet de Québec, il nous arrive avec son premier album pleine longueur qui a su se faire attendre et qui a fait couler beaucoup de salive dans les dernières années. La question à se poser est : est-ce que le produit final méritait un tel engouement?

La première chose qui vient chercher l’auditeur dès les toutes premières secondes de l’expérience est une violence qui m’a rarement été donné de rencontrer jusqu’à maintenant et qui se rapproche légèrement de ce que Tsjuder mettait en scène dans les années 2000. Tout d’abord, avant même d’avoir inséré le disque dans le lecteur, la couverture de la pochette a de quoi s’arracher les yeux des orbites. Certes, des groupes comme Cannibal Corpse ont fait parler d’eux pour leurs concepts hors-norme, mais dans le cas présent, le réalisme désarmant de l’œuvre ajoute un effet-choc inestimable. Comme si ce n’était pas assez, les Québécois poussent l’audace au niveau supérieur en recréant en son la délicieuse insanité qui sert de première impression à l’opus. Après les quelques secondes qui viennent vous torturer l’esprit, les premières notes de musique se font entendre et c’est à cet instant que le périple débute. En quelques mots, la musique de Morgue dégage une puissance et une brutalité qui auraient sans aucun doute fait flancher le jeune chinois au Tiananmen Square en 1989. Ils ne se contentent pas d’exploiter leur style principal, qui se veut le Black Métal, mais se permettent d’innover en y incorporant certains éléments du Death Métal Brutal sans toutefois tomber dans des clichés du type Behemoth ou Nile. Aux vocaux, Goliatt déferle son flot guttural avec une finesse, une intensité et une efficacité intéressante. Autant lorsqu’il œuvre dans un registre plus criard ou plus grave, il le fait avec une force surprenante qui vient parfaitement délivrer le message prescrit dans les paroles, dimension dont il sera question dans quelques lignes. Son agressivité est placée à l’avant-plan, ce qui ajoute du piquant d’autant plus qu’il est supporté par ses acolytes. À la guitare, Iron et Maimed apportent une lourdeur significative. De plus, ils ne sont pas souvent coordonnés pour jouer la même mélodie, ce qui rend le produit fini beaucoup plus complet et riche à la fois. Ils s’aventurent aussi dans quelques solos sombres et torturés qui valent la peine d’être mentionnés. Les mélodies qu’ils exposent sont originales, diversifiées et stimulantes, ce qui ne donne pas l’impression d’écouter la même pièce encore et encore malgré le tempo qui est presque toujours dans le plafond. À la basse, Funeste remplit son rôle de belle manière. Il se détache parfois du lot pendant quelques secondes pour venir ajouter son grain de sel sans toutefois se distinguer des autres instruments à tout moment, ce qui est correct pour le présent style musical. À la batterie, Panzer fait un travail de maître. Tout comme ses compatriotes à la guitare, il ne se gêne pas pour varier ses rythmes, ce qui ne crée pas d’effet hypnotique pouvant parfois faire décrocher l’auditeur du reste de l’expérience.

D’un point de vue technique, deux sujets méritent d’être soulignés. Tout d’abord, je dois avouer que la production de ‘’Flames and Blood’’ est sincèrement sans reproche. Elle fut assurée par François C. Fortin (Superior Enlightenment) qui vient encore une fois prouver qu’il y a beaucoup de talent au Québec dans cette discipline. Certains puristes diront assurément qu’un album à saveur Black Métal se doit de sonner ‘’crasse’’, mais Morgue n’est pas qu’un simple groupe de Black et cette décision concernant la sonorité globale de l’effort est totalement justifiée. Dans un autre ordre d’idées, tel que discuté plus tôt, les paroles accompagnant la dimension musicale sont tout à fait savoureuses. Étant écrites par Maimed et Goliatt (‘’Destinée Funeste’’), ces dernières traitent majoritairement d’une haine envers le Christianisme et ses doctrines sans toutefois tomber dans les clichés trop répendus de nos jours qui ne traitent que de Satan. La violence et la brutalité de chaque mot se dégustent comme un bon whisky qui laisse une traînée brûlante le long de l’œsophage. Que ce soit dans la langue de Molière ou de Shakespeare, les écrivains derrières les poèmes mitraillés par Goliatt ont su viser juste et rendent l’écoute d’autant plus divertissante.

En résumé, avec ‘’Flames and Blood’’, Morgue arrive dans la cour des grands avec une bombe qui saura faire exploser le cerveau de maints mélomanes. Le produit final d’une férocité et d’une ferveur inestimable ressortira probablement comme un des meilleurs opus de 2010 même si l’année ne fait que commencer. La formation québécoise a su renouveler un style stéréotypé de façon remarquable en lui greffant plusieurs influences, ce qui donne le présent résultat: un album absolument incontournable pour tout amateur de musique qui arrache royalement tout sur son passage.


  Note de MU : 8.7/10 Note des Membres : --/10  

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