Recherche MU :
Groupes: 1308
Critiques CD: 2442
Nouvelles: 27667
Entrevues: 107

08:10:24 - Kataklysm / Eluveitie / Keep of Kalessin / Plasma Rifle (Mtl)

Photos du spectacle

Compte-rendu du spectacle
Spectacle: Le 24 octobre 2008 au Medley de Montréal
Organisateur: B.C.I.
Photographe: Amaury Evra
Compte-rendu: Karyn Bellamy-Dagneau

La soirée du 24 octobre n'était pas particulièrement froide, le soleil, toute la journée, plombait Montréal et c'était somme toute une fort belle journée d'automne, mais je ne suis pas là pour parler météorologie. Cette soirée-là voyait passer au Medley une rare brochette d'artistes : Plasma Rifle, Keep of Kalessin, Eluveitie et Kataklysm. Pourquoi rare?

À combien de spectacles au Québec avez-vous assisté comprenant un groupe québécois introduit par des groupes européens? Si vous en avez vu, peut-on tout de même s'entendre sur la rareté d'un tel événement? De cette façon, on pouvait s'attendre à une flamme nationaliste incendiant le Medley avec Kataklysm en tête d'affiche, mais la combinaison des groupes d'ouverture ne laissait rien présager du résultat.



La soirée commence à 19 heures et la salle est à moitié pleine, alors que le balcon est fermé et sera occupé tout au long de la soirée des groupes successifs qui assistent au spectacle des uns et des autres.

C'était peut-être juste moi, mais lorsque Plasma Rifle acheva son numéro, il faisait encore plus froid à l'intérieur qu'il avait fait à l'extérieur. Le groupe montrait beaucoup d'énergie et de volonté pour entraîner ce qu'il y avait de monde dans la salle, mais j'ai l'impression que la musique très technique, assez progressive n'était pas tout à fait ce à quoi on aspirait. Bon, c'est certain, la salle n'étant même pas pleine et la bonne triple file au comptoir des marchandises s'allongeant jusqu'au deuxième groupe n'aidaient pas non plus à l'état des choses. La qualité du son n'était pas vraiment à son meilleur non plus, toute la soirée il y aura eu quelques échos qui heureusement sont très vite neutralisés pour Kataklysm, mais si la qualité sonore n'est pas à son meilleur, la cohésion parfaite des musiciens compense largement. Je pense que Plasma Rifle aurait eu la réponse qu'il aurait méritée mis dans un événement plus progressif, peut-être. Ce que la foule voulait ce soir ne demandait pas leurs passes un peu jazzy, mais plutôt un métal brutal, noir, mélodique.

Keep of Kalessin vient juste à point pour satisfaire cette envie. Les gars de Norvège apparaissent sur scène au fur et à mesure que leur instrument entre dans la musique. Ne connaissant pas Keep of Kalessin autrement que par nom, je ne savais pas à quoi m'attendre, mais leur représentation me convainc certainement d'écouter leur production. Forteresse de black metal pas essentiellement mélodique, mais largement capable d'entraîner l'attention très loin par les circonvolutions de la guitare, la vélocité de la combinaison de tous les instruments et l'impitoyable désir de nous casser le cou, Keep of Kalessin réussit à aller chercher l'attention de la foule qui se densifie enfin — et je cesse d'avoir froid. Les points s'envolent dans les airs et les longues chevelures se transforment en fouet. Je reprocherais seulement le fait que le duo bass-drum était particulièrement présent pour une guitare qui se faisait parfois envahir.

Plus tôt dans l'année, l'Amérique du Nord s'est fait envahir par la première édition d'un festival qui, on l'espère, se perpétuera : le Paganfest qui comprenait Tyr, Ensiferum, Turisas et Eluveitie. Malheureusement, ce dernier fut contraint de rester aux États-Unis pour des problèmes de visa, ce qui choqua une très grande partie des admirateurs. Eluveitie est un groupe originaire de Suisse dont la musique folk s'inspire essentiellement de leurs ancêtres celtes helvètes. Encore assez méconnu au Québec il y a deux ans, il n'a pas pris longtemps à ce groupe pour se faire une base solide d'admirateurs, quoiqu'elle soit encore fort petite. Suite à leurs excuses pour ne pas jouer au Paganfest, ils ont vite promis de revenir ici avant la fin de l'année. C'est promesse tenue, pour Montréal en tout cas : le spectacle de la ville de Québec ayant été annulé parce que l'ensemble poursuit une nouvelle tournée en Europe immédiatement après. Composé de huit membres, Eluveitie a certainement un son riche et complexe. Des instruments tels qu'un hurdygurdy, plusieurs sortes de flûtes et de cornemuses, un violon, une gaita, une mandoline, en plus des usuelles guitares électriques et acoustiques, bass et batterie, s'entremêlent dans un complexe nœud celte, très rythmé, entraînant, absolument irrésistible. Le groupe, avec seulement deux albums et un EP, bénéficiait déjà d'une réputation en béton en Europe du temps de Spirit, alors que c'est grâce à Slania qu'ils traversent l'océan. Leur concert a d'ailleurs allié des morceaux des deux albums. Bien que je ne me rappelle pas toutes les pièces, ils ne pouvaient passer à côté de jouer « Inis Mona », « The Somber Lay », « Your Gaulish War » et « Tegernakô ». Pour « Tegernakô », c'était particulièrement intéressant et génial de voir comment la masse pouvait d'un moment giguer à en perdre haleine et immédiatement après reprendre les mouvements flous d'un pit enragé. Tel est le pouvoir d'Eluveitie : l'alliage d'une musique typiquement folklorique sans influence black atmosphérique ou death ou viking et d'une agressivité digne de tout bon métal extrême qui se respecte. Alors qu'« Inis Mona » faisait entendre ses échos d'une authentique mélodie bretonne ancestrale, je me disais que c'était particulièrement précieux le fait qu'aujourd'hui encore on danse selon ses airs, mais c'était peut-être aussi un émoi passager pour l'attente dans laquelle le groupe m'avait mise de les voir; quoique je ne crois pas avoir été la seule. Des problèmes de son ont obligé l'interruption de leur représentation pour un bon cinq minutes, ce qui nous a fait probablement perdre une chanson. Étant huit sur une scène restreinte ne permettait pas une grande mobilité des musiciens, mais l'interaction avec la foule n'en était que plus renforcée. Malgré cela, ils semblaient tout de même fatigués, à la fin d'une longue tournée. Je suis certaine que si celle-ci n'avait été qu'à son début, leur énergie aurait véritablement fait exploser la salle, mais ce rôle est revenu à Kataklysm.

À avoir examiné la foule tout au long de la soirée, je dirais qu'elle se divisait en trois : un tiers portait une combinaison mixe de chandails de divers groupes de death, de black, de viking, de folk; un deuxième tiers en portait d'Eluveitie et la dernière partie, de Kataklysm. Alors qu'Eluveitie sortait de scène cependant, une étrange métamorphose s'est opérée dans la salle : il m'a semblé que tous les chandails de ces joyeux Helvètes avaient complètement disparu au profit de ceux du groupe québécois. Ce dernier s'adresse à la foule en français bien sûr, ce qui fait un heureux changement de la routine et qui donne à ce moment de la soirée un caractère, ma foi, assez intime. La foule n'est pas immense, comme je disais, le balcon était fermé, et au sol, il était encore permis de respirer. Mais peu importait en fait la densité de la foule : celle-ci était déchaînée. Ils nous l'on répété à plusieurs reprises pendant la soirée : ces gars-là ont décidé de faire le tournage de leur vidéo du morceau « Blood in Heaven » chez eux, avec la seule réponse que Montréal est capable de donner, c'est-à-dire une viscéralement sonore. Un pit constant occupait la largeur du sol derrière à peine quatre rangées de fans se pressant vers l'avant. Et malgré cela, il y avait encore assez de place pour que s'entrechoquent à quelques reprises des body-surfers. Si ce n'était pas immédiatement après la première chanson jouée, c'était à la seconde que la masse ne fait qu'une seule voix en réclamant un Wall of the Dead, auquel le chanteur acquiesce sans discuter. Une seule personne est permise en son milieu, la même qui réussit plus tard à plonger du stage à la foule. Tout ça pour dire que le groupe et l'auditoire ne formaient qu'un. Musicalement, la sonorité était parfaite, un écho fugace perce les oreilles au premier morceau qui est très vite réprimé. Chaque instrument est audible et puissant, en parfaite synchronisation; Kataklysm est une machine bien huilée. Leur tour de chant comprenait :

Prevail

Like Angels Weeping

Let Them Burn

As I Slither

Chains of Power

Manipulator of Souls

Illuminati

As Death Lingers

Where the Enemy Sleeps

Blood in Heaven

Crippled and Broken

Taking the World

Shadows and Dust

Et comme si ce n'était pas assez, alors qu'ils annoncent déjà la fin du spectacle, qu'ils quittent la scène alors que tout est vraiment terminé, ils reviennent avec un dernier morceau qui n'était pas prévu, du moins sur la setlist. « Road to Devastation » rapatrie la salle qui avait commencé à quitter et qui finalement assure au groupe un support inconditionnel. J'ai bien hâte de voir le résultat de ce vidéo qui risque d'être particulièrement intéressant!

Ainsi si la soirée était froide au début, elle était tout le contraire à la fin!


Résultats: 0 image(s) sur un total de 0 page(s). Affiche: image 0 sur 0.




Images par page: 

 

RSS Feed: 08:10:24 - Kataklysm / Eluveitie / Keep of Kalessin / Plasma Rifle (Mtl) (Nouvelles images)

Recherche d'images
Recherche avancée
- Top images
- Nouvelles images
Membres enregistrés
Nom d'utilisateur:

Mot de passe:

Identifiez-moi automatiquement lors de ma prochaine visite?

» Mot de passe oublié
» Inscription

Nos partenaires
Conditions d'utilisation | Politique de confidentialité | FAQ © MetalUniverse.net. Enr. (2001-2017) Tous droits réservés.
>>> Si vous êtes une compagnie ou un groupe, rock / metal / autres, vous pouvez nous envoyer un courriel, pour promotion, critiques d'albums ou publicité : marc[@}metaluniverse.net
>>> If you are a label or a band, rock / metal / others, you can email us for promotion, cd reviews or advertising: marc[@}metaluniverse.net
Conception graphique : Marc Desgagné - Programmation : Andrew Gagné - Samuel Falardeau